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Lundi 21 avril 2008
Je suis en train de lire un recueil de contes de Maupassant (c'est vraiment un auteur extraordinaire) et je suis tombée sur ce texte: une vente. J'en ai pleuré de rire.
Je ne sais pas si vous avez vu les adaptations récentes à la télé, mais je les ai trouvées très bien. L'oeuvre de Maupassant est tellement riche qu'on découvre tout le temps de petits bijoux.

Si le lien ne marche pas directement, allez dans contes et nouvelles par odre alphabétique, lettre V: une vente.
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Mercredi 16 avril 2008
Chanson du geôlier 

Où vas-tu beau geôlier 
Avec cette clé tachée de sang 
Je vais délivrer celle que j'aime 
S'il en est encore temps 
Et que j'ai enfermée 
Tendrement cruellement 
Au plus secret de mon désir 
Au plus profond de mon tourment 
Dans les mensonges de l'avenir 
Dans les bêtises des serments 
Je veux la délivrer 
Je veux qu'elle soit libre 
Et même de m'oublier 
Et même de s'en aller 
Et même de revenir 
Et encore de m'aimer 
Ou d'en aimer un autre 
Si un autre lui plaît 
Et si je reste seul 
Et elle en allée 
Je garderai seulement 
Je garderai toujours 
Dans mes deux mains en creux 
Jusqu'à la fin des jours 
La douceur de ses seins modelés par l'amour.

Jacques Prévert.


Ce poème correspond assez à ma vision de l'amour: on n'appartient jamais à l'autre et il ne nous appartient pas.

Je me pose pas mal de questions sur le couple en ce moment, ça va passer.Rien n'est jamais simple;-)

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Mardi 15 avril 2008

Le Jardin.

Des milliers et des milliers d'années 
Ne sauraient suffire 
Pour dire 
La petite seconde d'éternité 
Où tu m'as embrassé 
Où je t'ai embrassée 
Un matin dans la lumière de l'hiver 
Au parc Montsouris à Paris 
A Paris 
Sur la terre 
La terre qui est un astre.


Immense et Rouge 

Immense et rouge 
Au-dessus du Grand Palais 
Le soleil d'hiver apparaît 
Et disparaît 
Comme lui mon coeur va disparaître 
Et tout mon sang va s'en aller 
S'en aller à ta recherche 
Mon amour 
Ma beauté 
Et te trouver 
Là où tu es.




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Mardi 25 mars 2008
Une petite (enfin, grande) citation de Nietzsche, chère à Amélie nothomb qui est très vraie.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort.
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Lundi 24 mars 2008

J'aime beaucoup ce poème qui symbolise l'union plutôt  que la division. Je précise que ce poème a été composé pendant la guerre et que la belle prisonnière est bien sûr la France.


LA ROSE ET LE RÉSÉDA  ( Louis Aragon )

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
par monbricabrac publié dans : Textes
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Lundi 17 mars 2008

Un texte qu'on m'avait demandé de lire pour un mariage et que je trouve magnifique.

Aimons toujours ! Aimons encore !...

 

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !

Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,

Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il ? "

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit : " C'est donc fini ! "

L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !


Victor Hugo.
par monbricabrac publié dans : Textes
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Vendredi 14 mars 2008
Dans la veine de mon article sur l'Affiche Rouge, je vous fais part d'un texte qui me tient énormément à coeur. C'est le déserteur de  Boris Vian. Je sais, c'est simpliste, égoïste, enfantin, etc: mais j'ai toujours pensé que le véritable courage c'est de refuser de se battre.....Je n'admire pas les héros de la guerre, ni les militaires et n'ai jamais été fascinée par des batailles, car au delà de la tactique et de la stratégie, je ne vois que des  morts...
A partir du moment où un seul être humain est tué, peut-on parler de victoire???? Pour qui??????

Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps

Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir

Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens

C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants

Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers

Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé

Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:

« Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir »

S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président

Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer

homevian.jpg

par monbricabrac publié dans : Textes
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